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Taches pigmentaires et tatouages : pourquoi tous les pigments ne se traitent pas avec le même laser

Traitements

Une tache solaire, un mélasma, une marque inflammatoire et une encre de tatouage n’ont ni la même origine ni la même réponse au laser.

Le mot « pigment » recouvre des réalités très différentes. Une tache solaire est produite par les cellules de la peau. Le mélasma est une affection chronique influencée par les hormones, la lumière et l’inflammation. Une marque après acné correspond à une hyperpigmentation post-inflammatoire. Un tatouage contient des particules d’encre introduites dans le derme.

Ces pigments n’absorbent pas tous la même lumière et ne réagissent pas de la même façon à la chaleur. Avant de choisir entre picoseconde, Q-Switch ou un autre appareil, il faut donc poser le diagnostic et vérifier qu’une lésion suspecte ne nécessite pas une analyse dermatologique plutôt qu’une destruction laser.

Première question : de quel pigment s’agit-il ?

Lentigo solaire

Le lentigo est une tache brune bien limitée associée à l’exposition solaire cumulative. Certains lentigos peuvent répondre à un laser pigmentaire, après examen médical. Une lésion irrégulière, évolutive, multicolore, saignante ou différente des autres ne doit pas être traitée sans diagnostic.

Mélasma

Le mélasma forme des nappes pigmentées souvent symétriques du visage. Il peut s’améliorer puis rechuter sous l’effet du soleil, de la chaleur, des hormones ou d’une inflammation. Certains lasers peuvent l’aggraver. La photoprotection et les traitements topiques constituent souvent la base ; un laser n’est discuté que dans une stratégie globale et prudente.

Hyperpigmentation post-inflammatoire

Cette pigmentation apparaît après acné, eczéma, brûlure ou geste esthétique. Elle est plus fréquente et parfois plus persistante sur les phototypes élevés. Traiter trop agressivement peut entretenir un cercle inflammation-pigmentation.

Tatouage

Une encre de tatouage contient un mélange de pigments, dont la composition exacte n’est pas toujours connue. Couleur, densité, profondeur, ancienneté, type professionnel ou amateur et éventuelles superpositions influencent la réponse.

Comment fonctionne un laser pigmentaire ?

Le principe associe une longueur d’onde absorbée par la cible et une impulsion suffisamment courte pour fragmenter le pigment en limitant l’échauffement des tissus voisins. Les fragments d’encre sont ensuite éliminés progressivement par les mécanismes cellulaires et lymphatiques de l’organisme.

Une longueur d’onde n’est pas absorbée de la même façon par toutes les couleurs. Le noir et le bleu foncé répondent souvent à des longueurs d’onde différentes du rouge, du vert ou du jaune. La mélanine de la peau absorbe elle aussi de l’énergie, ce qui augmente le risque de trouble pigmentaire chez les phototypes élevés.

Q-Switch et picoseconde : quelle différence ?

Les lasers Q-Switch délivrent des impulsions de l’ordre de la nanoseconde. Ils sont utilisés depuis longtemps pour les tatouages et certaines lésions pigmentaires. Les lasers picoseconde délivrent des impulsions encore plus courtes, avec une composante photomécanique importante.

Au cabinet, cette distinction correspond à deux appareils Bluecore :

  • PICORE, un Nd:YAG picoseconde 1064/532 nm, dont le manuel documente des impulsions de 450 ps à 1064 nm et 380 ps à 532 nm ;
  • IRIS, un Nd:YAG Q-Switched 1064/532 nm, dont la documentation indique une durée d’impulsion de 5 à 10 ns, ainsi que des modes complémentaires SLP et PTP Blue Toning.

Ces chiffres décrivent les plateformes ; ils ne permettent pas à eux seuls de choisir un traitement. Le diagnostic, le phototype, la profondeur du pigment, sa couleur et la réaction clinique restent déterminants.

Les revues systématiques suggèrent que les appareils picoseconde peuvent offrir un avantage pour certaines encres, notamment des couleurs difficiles ou des tatouages résistants. Elles ne démontrent pas une supériorité absolue pour toutes les couleurs, tous les appareils et tous les patients. La longueur d’onde disponible et l’expérience du praticien restent aussi importantes que la durée d’impulsion.

Un Q-Switch bien choisi peut être plus pertinent qu’un laser picoseconde dont la longueur d’onde ne correspond pas au pigment.

L’ELEMENT‑TL d’ELEMENIC, également présent au cabinet, est une plateforme long pulse distincte d’un laser Q‑Switch ou picoseconde. Sa documentation décrit des applications pour certaines lésions pigmentaires avec le KTP 532 nm, l’Alexandrite 755 nm et des combinaisons incluant le Nd:YAG 1064 nm. Ces modes ne doivent pas être assimilés au détatouage PICO/Q‑Switch : l’indication, la durée d’impulsion et la cible ne sont pas les mêmes.

Pourquoi la couleur du tatouage compte-t-elle ?

À titre pédagogique :

  • les encres noires et bleu foncé sont le plus souvent ciblées avec le 1064 nm ;
  • les pigments rouges ou orangés peuvent davantage relever du 532 nm ;
  • les verts, turquoises et certains bleus peuvent nécessiter une autre longueur d’onde ;
  • le jaune, le blanc et certaines couleurs chair sont plus imprévisibles.

PICORE et IRIS disposent tous deux de 1064 et 532 nm. La présence de ces deux longueurs d’onde élargit les possibilités, sans garantir qu’une couleur donnée disparaisse complètement ni que toutes les encres puissent être traitées avec la même sécurité.

Les pigments cosmétiques contenant du fer ou du titane peuvent foncer paradoxalement après le laser. Un test sur une petite zone peut être nécessaire avant de traiter un maquillage permanent.

Pourquoi faut-il plusieurs séances ?

Une séance fragmente une partie du pigment. L’organisme a ensuite besoin de temps pour éliminer les particules et la peau doit récupérer avant une nouvelle exposition. Rapprocher excessivement les séances n’accélère pas nécessairement le détatouage et peut augmenter inflammation, cicatrice et trouble pigmentaire.

Le nombre de séances dépend notamment :

  • de la couleur et de la composition de l’encre ;
  • de la densité et de la profondeur ;
  • de la localisation ;
  • de l’ancienneté ;
  • d’un recouvrement ou d’un tatouage multicouche ;
  • du phototype ;
  • de la réaction aux séances précédentes.

Une disparition complète ne peut pas être garantie. L’objectif peut parfois être un éclaircissement suffisant pour un recouvrement.

Une tache brune peut-elle être traitée comme un tatouage ?

Non. Même si les deux contiennent une cible pigmentaire, une tache cutanée implique des cellules et une maladie éventuelle. Détruire une lésion sans diagnostic peut retarder la reconnaissance d’un cancer cutané. Traiter un mélasma comme un lentigo isolé peut provoquer une récidive ou une aggravation.

Pour les taches brunes, l’examen distingue notamment lentigo, kératose, nævus, mélasma et hyperpigmentation post-inflammatoire. Une dermoscopie ou un avis dermatologique peut être nécessaire.

Quels phototypes peuvent être traités ?

Tous les phototypes peuvent bénéficier de certains lasers pigmentaires, mais le choix et les paramètres changent. Sur une peau mate ou foncée, la mélanine épidermique concurrence davantage la cible. Une longueur d’onde plus profonde, une fluence prudente, un test et des intervalles adaptés peuvent réduire le risque sans le supprimer.

Un bronzage récent augmente le risque. La protection solaire est indispensable avant et après. Une personne ayant déjà présenté une hyperpigmentation importante après une blessure doit le signaler.

Quelles sont les suites ?

Après traitement, on peut observer blanchiment immédiat du tatouage, rougeur, gonflement, petites cloques, croûtes ou purpura. La zone peut paraître plus sombre avant de s’éclaircir.

Les consignes de nettoyage, de protection et de cicatrisation doivent être suivies. Il ne faut pas percer les cloques ni arracher les croûtes. Une douleur croissante, un écoulement, de la fièvre ou une rougeur qui s’étend doivent conduire à contacter le cabinet.

Quels sont les risques ?

Les risques comprennent :

  • hyperpigmentation ou hypopigmentation ;
  • brûlure, cloque et cicatrice ;
  • modification de texture ;
  • changement paradoxal de couleur de certains pigments ;
  • réaction allergique à des fragments d’encre ;
  • résultat incomplet ou image fantôme ;
  • infection secondaire.

Une cicatrice préexistante sous le tatouage peut devenir visible à mesure que l’encre s’éclaircit. Le laser ne l’a pas nécessairement créée.

Questions fréquentes

Le picoseconde enlève-t-il toujours un tatouage plus vite ?

Non. Il peut être avantageux dans certaines couleurs ou encres résistantes, mais la longueur d’onde, la densité et la réponse individuelle comptent autant.

Peut-on enlever un maquillage permanent ?

Parfois, mais certains pigments peuvent foncer. Un test et une information spécifique sont nécessaires.

Peut-on traiter un mélasma au PICO ?

Un laser peut être discuté dans certaines situations, mais le mélasma est chronique et sensible à la chaleur et à la lumière. Une amélioration initiale peut être suivie d’une rechute ou d’une aggravation.

Combien de temps entre deux séances de détatouage ?

Le délai dépend de la zone, de la réaction et du protocole. Il doit permettre la cicatrisation et l’élimination progressive du pigment ; des séances trop rapprochées ne sont pas souhaitables.

Le détatouage laisse-t-il toujours une cicatrice ?

Non, mais le risque existe. Il dépend du tatouage, de la peau, des paramètres, de la cicatrisation et d’éventuelles cicatrices déjà présentes.

En résumé

Une tache solaire, un mélasma, une hyperpigmentation post-inflammatoire et un tatouage ne sont pas quatre versions du même problème. Le diagnostic détermine s’il faut traiter, surveiller, protéger ou adresser la lésion.

Les lasers Q-Switch et picoseconde sont des outils complémentaires. Chez Dermetical, cette complémentarité repose notamment sur l’IRIS Q‑Switched et le PICORE picoseconde de Bluecore. La bonne longueur d’onde, un intervalle suffisant et une stratégie adaptée au phototype comptent davantage qu’un mot technologique présenté comme universel.

Sources de travail

  1. American Society for Laser Medicine and Surgery. Tattoo removal.
  2. American Academy of Dermatology. Laser tattoo removal.
  3. Wu et al. Picosecond lasers for tattoo removal: a systematic review. PubMed.
  4. Hsu et al. Comparing efficacy and safety of laser treatments in tattoo removal: systematic review. PubMed.
  5. Wong et al. Efficacy of Nd:YAG lasers for tattoo removal: systematic review. 2026. Article.
  6. Paasch et al. S2k guideline: Laser therapy of the skin. Résumé.
  7. Dermetical. Détatouage, taches et rajeunissement.
  8. ELEMENIC. Guide de traitements 2025 FR, pages 7 à 9. Documentation interne : dossier Dermetical / Infos laser.
  9. Bluecore Company. Picore Operator’s Manual 2.0.1 et Picore Treatment Protocol, documentation interne vérifiée le 26 juillet 2026.
  10. Bluecore Company. IRIS Parameters, Quick Manual of Iris et IRIS Indications, documentation interne vérifiée le 26 juillet 2026.
  11. Bluecore Company. PICORE, IRIS et Tattoo Removal.

Information médicale générale. Toute lésion pigmentée atypique doit être diagnostiquée avant un traitement laser.

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