Rejuran : que sont les polynucléotides et à qui s’adressent-ils ?
Traitements
Comprendre ce traitement injectable régénératif, ses indications possibles, ses limites et son niveau de preuve.
Rejuran appartient à une famille d’injectables encore relativement nouvelle en médecine esthétique européenne : les polynucléotides. Leur objectif n’est pas de figer les muscles ni de projeter une pommette. Ils sont proposés pour accompagner progressivement certains paramètres de qualité cutanée, comme l’hydratation, la souplesse, la texture ou l’aspect de ridules superficielles.
Cette distinction est importante. Un visage fatigué peut traduire une peau déshydratée ou fine, mais aussi une perte de volume, un relâchement, une pigmentation, des poches ou une maladie dermatologique. Rejuran ne répond pas à toutes ces situations. Son intérêt éventuel ne peut être déterminé qu’après un examen médical.
Que contient Rejuran ?
La gamme Rejuran est fabriquée par PharmaResearch. Sa composition active repose sur des polynucléotides, ou PN, c’est-à-dire des chaînes de nucléotides hautement purifiées. Les présentations ne sont pas toutes identiques : concentration, viscosité, présence éventuelle d’acide hyaluronique ou de lidocaïne et indications peuvent varier. La notice du produit réellement injecté doit donc toujours primer sur les descriptions générales trouvées en ligne.
Les polynucléotides ne doivent pas être confondus avec trois autres familles :
• les gels d’acide hyaluronique réticulé, principalement utilisés pour le comblement ou le soutien ;
• les skinboosters à base d’acide hyaluronique non réticulé, orientés vers l’hydratation et la qualité de peau ;
• les inducteurs de collagène particulaires, comme certains produits à base de PDLLA ou de PLLA.
Les termes PN et PDRN sont aussi parfois employés comme s’ils étaient interchangeables. Ils décrivent pourtant des préparations et des tailles de fragments qui ne sont pas nécessairement identiques. Pour informer correctement un patient, il est préférable d’utiliser le nom précis figurant dans la notice plutôt que le raccourci médiatique de « traitement à l’ADN de saumon ».
Comment les polynucléotides pourraient-ils agir ?
Les mécanismes proposés associent rétention d’eau, soutien de l’environnement extracellulaire et modulation de processus de réparation. Des travaux expérimentaux suggèrent aussi des effets sur les fibroblastes et la matrice dermique. Ces mécanismes sont plausibles, mais une donnée de laboratoire ne garantit pas un résultat visible chez chaque patient.
L’amélioration recherchée est donc généralement décrite comme progressive :
• peau plus confortable et mieux hydratée ;
• texture plus régulière ;
• souplesse et élasticité améliorées ;
• atténuation mesurée de certaines ridules ;
• accompagnement de la récupération cutanée dans des indications sélectionnées.
Rejuran ne retire pas un excès de peau, ne repositionne pas les tissus profonds et ne remplace pas un traitement spécifique d’une maladie dermatologique.
Que montrent réellement les études ?
Une revue systématique récente a retrouvé des résultats encourageants en rajeunissement cutané, mais elle souligne l’hétérogénéité des produits, des protocoles, des zones et des outils d’évaluation. Les études sont souvent de petite taille, avec des suivis relativement courts.
Un essai randomisé en hémi-visage portant sur 72 participants a comparé un injectable de polynucléotides à un acide hyaluronique non réticulé pour les rides de la patte-d’oie. Certaines mesures d’élasticité, de rugosité et de profondeur des rides ont évolué favorablement avec les PN. Des réactions locales transitoires ont cependant été observées.
Ces données justifient de présenter Rejuran comme une option possible, et non comme une régénération garantie. Elles ne permettent pas d’annoncer une durée universelle, un pourcentage précis d’amélioration ou une supériorité générale sur tous les skinboosters.
Quelles zones peuvent être discutées ?
La page Rejuran de Dermetical — https://www.dermetical.com/traitements/visage/rejuran présente principalement le visage et le cou. Selon la notice, le diagnostic et l’expérience du médecin, la discussion peut concerner :
• une peau fine, froissée ou déshydratée ;
• des ridules superficielles ;
• une texture irrégulière ou des pores visibles ;
• une qualité cutanée altérée par le vieillissement ou l’exposition solaire ;
• certaines zones délicates pour lesquelles un effet volumateur n’est pas recherché.
La région périoculaire demande une prudence particulière. Un cerne pigmentaire, une poche graisseuse, un œdème ou un creux structurel ne se traitent pas de la même manière. Injecter un produit parce qu’une zone « paraît fatiguée » ne remplace pas l’analyse de sa cause.
Qui n’est pas un bon candidat ?
Une autre stratégie peut être préférable en présence :
• d’un relâchement important ou d’un excès cutané ;
• d’une perte de volume nécessitant un véritable soutien ;
• d’une pigmentation ou d’une composante vasculaire dominante ;
• d’une infection, d’une poussée inflammatoire ou d’une lésion non diagnostiquée ;
• d’attentes immédiates ou disproportionnées ;
• d’une contre-indication mentionnée dans la notice du produit.
Grossesse, allaitement, antécédents allergiques, maladies auto-immunes ou inflammatoires, traitements modifiant la coagulation, infections récentes et précédentes injections doivent être signalés au médecin. La liste exacte des contre-indications dépend de la présentation utilisée.
Comment se déroule une séance ?
La consultation commence par le diagnostic : qualité cutanée, phototype, antécédents, traitements déjà réalisés et objectif prioritaire. Des photographies standardisées sont utiles pour éviter de confondre résultat, éclairage et variation naturelle de l’œdème.
Après nettoyage et désinfection, le produit est injecté selon une technique et une profondeur adaptées à la zone. De petites papules peuvent être visibles immédiatement après. Le protocole peut comprendre plusieurs séances espacées, mais il ne doit pas être copié d’une publication ou d’un réseau social : la notice, la réaction de la peau et le plan médical priment.
Quelles suites faut-il prévoir ?
Les suites habituelles peuvent comprendre :
• papules aux points d’injection ;
• rougeur et sensibilité ;
• gonflement local ;
• ecchymoses ;
• démangeaison ou irrégularité transitoire.
Le délai de disparition varie selon la zone et le patient. Il faut suivre les consignes remises par le cabinet et éviter les massages, appareils ou produits irritants non demandés.
Quels sont les risques ?
Comme toute injection, Rejuran peut exposer à une infection, une réaction inflammatoire, un résultat insuffisant ou asymétrique et, plus rarement, à une réaction persistante. Le niveau de recul est moins important que pour certains injectables utilisés depuis plusieurs décennies.
Toute injection faciale comporte également un risque vasculaire rare mais potentiellement grave. Une douleur intense ou inhabituelle, un blanchiment ou un aspect marbré de la peau, une baisse de vision, une vision double ou un symptôme neurologique après une injection exigent une prise en charge médicale immédiate.
Le produit doit être administré par un médecin connaissant l’anatomie, les complications possibles et le circuit d’urgence. L’existence d’un composant naturellement présent dans l’organisme ne rend jamais une injection anodine.
Rejuran, Juvelook ou Profhilo ?
Ces trois produits peuvent tous être présentés comme des traitements de qualité de peau, mais ils ne reposent pas sur la même matière :
• Rejuran : polynucléotides ;
• Juvelook : particules de PDLLA associées à de l’acide hyaluronique non réticulé ;
• Profhilo : complexes hybrides d’acide hyaluronique de hauts et bas poids moléculaires.
Le bon choix dépend du problème dominant, de la zone, de la profondeur de traitement, du délai accepté, du risque propre à chaque produit et du résultat recherché. Cette comparaison est développée dans notre futur guide « Rejuran, Juvelook ou Profhilo ».
Questions fréquentes
Rejuran donne-t-il du volume ?
Il n’est pas conçu comme un filler volumateur classique. Un gonflement initial peut néanmoins donner une impression temporaire de volume. Une perte structurelle importante demande une autre analyse.
Quand juge-t-on le résultat ?
Pas immédiatement après l’injection. L’œdème et les papules faussent l’évaluation précoce. L’évolution se juge progressivement, avec des photographies comparables.
Combien de séances faut-il ?
Il n’existe pas de réponse universelle. Le protocole dépend de la présentation utilisée, de la zone, de la notice et de la réaction clinique.
Peut-on associer Rejuran à un laser ?
Une association séquentielle peut parfois être discutée, mais le délai et l’ordre doivent être décidés médicalement. Cumuler des gestes inflammatoires complique la cicatrisation et l’attribution d’un éventuel effet indésirable.
Le résultat est-il permanent ?
Non. Le vieillissement cutané et les expositions continuent. Les études actuelles ne permettent pas de promettre une durée identique pour tous.
En résumé
Rejuran est un injectable à base de polynucléotides proposé pour améliorer progressivement certains paramètres de qualité cutanée sans rechercher en priorité un effet volumateur. Les données cliniques sont prometteuses mais encore hétérogènes et limitées par la taille et la durée de plusieurs études.
La bonne indication repose sur un diagnostic précis, une information équilibrée et l’utilisation d’un produit identifié conformément à sa notice. Le résultat attendu doit rester naturel, progressif et compatible avec les limites actuelles des preuves.
Sources de travail
1. PharmaResearch. REJURAN — information produit — https://pharmaresearch.com/en/product/view.html?code=2&curpage=1&idx=3&srh_cate=1.
2. Lee et al. The Effectiveness of Polynucleotides in Esthetic Medicine: A Systematic Review. 2025. Article en accès libre — https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC11845969/.
3. Kim et al. A phase III randomized, double-blind, matched-pairs trial comparing polynucleotide and hyaluronic acid filler for crow’s feet. 2014. PubMed — https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25473210/.
4. U.S. Food and Drug Administration. Risques généraux des produits injectables de comblement — https://www.fda.gov/medical-devices/aesthetic-cosmetic-devices/dermal-fillers-soft-tissue-fillers.
Information médicale générale. Une consultation est indispensable avant toute décision. Les résultats et les suites varient selon la personne, la zone, le produit et le protocole.
Nous contacter
faites le choix de l'expertise
Pour toute question ou pour prendre rendez-vous, n'hésitez pas à nous contacter. Notre équipe est là pour répondre à vos besoins et vous guider vers le meilleur des soins esthétiques.
Avignon
Médipole • 1139 chemin du lavarin AvignonNous vous invitons à découvrir une expérience unique au sein de notre centre à Avignon.
Sorgues
Le Saphir • 477 Av. Jules Verne SorguesExplorez notre centre à Sorgues et découvrez un espace dédié à votre bien-être et votre beauté.