Lenisna : restaurer progressivement le soutien et les volumes du visage
Traitements
Lenisna associe PDLLA et acide hyaluronique non réticulé pour restaurer progressivement le soutien et certains volumes du visage.
Lenisna : restaurer progressivement le soutien et les volumes du visage
La perte de soutien du visage ne dépend pas seulement des rides. Avec le temps, la peau, le tissu sous-cutané et les structures profondes évoluent, ce qui peut modifier les tempes, les joues, l’ovale ou le cou. Lenisna est un produit injectable associant un effet initial lié à sa formulation et une biostimulation progressive. Son intérêt, ses limites et ses risques doivent être évalués au cours d’une consultation médicale personnalisée.
Qu’est-ce que Lenisna ?
Lenisna appartient à la famille des biostimulateurs injectables. Il associe du poly-D,L-lactide, ou PDLLA, à de l’acide hyaluronique non réticulé.
Son positionnement est plus structurel que celui de Juvelook. Il peut être discuté lorsqu’une restauration progressive du soutien ou de certains volumes du visage est recherchée. Il ne doit toutefois pas être présenté comme un produit capable de corriger toutes les formes de relâchement ni comme une alternative systématique à la chirurgie.
Une association de PDLLA et d’acide hyaluronique non réticulé
Le PDLLA
Le PDLLA est un polymère biodégradable. Après son injection, ses particules entraînent une réponse tissulaire contrôlée qui peut stimuler progressivement la production de collagène et le remodelage de la matrice extracellulaire.
Des travaux expérimentaux ont aussi étudié son interaction avec les macrophages et le tissu adipeux sous-cutané. Ces résultats mécanistiques, obtenus notamment sur des cellules ou chez l’animal, aident à comprendre le produit mais ne permettent pas, à eux seuls, de prédire le résultat chez un patient.
L’acide hyaluronique non réticulé
L’acide hyaluronique non réticulé sert notamment de support à la préparation. Il peut contribuer à un effet initial d’hydratation et de remplissage, mais il ne se comporte pas comme un gel d’acide hyaluronique réticulé conçu pour créer immédiatement une projection précise.
L’aspect observé juste après la séance peut également être influencé par la solution injectée et par l’œdème. Il ne correspond donc pas nécessairement au résultat final.
Comment agit la biostimulation ?
Après l’injection, la phase initiale laisse progressivement place au remodelage tissulaire. Le PDLLA est destiné à stimuler la production de nouvelles fibres de collagène. L’évolution est progressive et varie selon la zone, la qualité des tissus, la technique, le nombre de séances et la réponse biologique individuelle.
Une étude clinique randomisée en visage partagé a observé une amélioration des sillons nasogéniens avec un produit associant PDLLA et acide hyaluronique non réticulé, comparable à celle obtenue avec un produit à base de PLLA pendant la période étudiée. L’effectif et le recul restent cependant limités. Il serait excessif d’en déduire une efficacité identique pour toutes les zones du visage ou pour tous les patients.
Avant/après issus d’une étude clinique
Les images ci-dessous proviennent d’une étude multicentrique randomisée en visage partagé. Un côté du visage a été traité par Juvelook Volume — le nom utilisé dans l’étude pour Lenisna — et l’autre par Sculptra. Elles illustrent une évolution observée dans ce protocole précis et ne permettent pas de prédire le résultat d’un patient individuel.


Lenisna, Juvelook ou acide hyaluronique volumateur : quelles différences ?
Juvelook et Lenisna partagent une association de PDLLA et d’acide hyaluronique non réticulé, mais ils ne répondent pas exactement aux mêmes objectifs.
- Juvelook est surtout utilisé dans une logique de qualité cutanée : texture, ridules, pores, région sous-orbitaire ou certaines cicatrices.
- Lenisna a un positionnement plus profond et plus structurel, avec un objectif de soutien ou de restauration progressive de certains volumes.
- Un filler d’acide hyaluronique réticulé apporte généralement une correction immédiate et plus directement modelable. Son comportement, sa réversibilité potentielle par la hyaluronidase et ses indications ne sont pas les mêmes.
Ces produits peuvent parfois répondre à des besoins complémentaires, mais leur association ne doit jamais être automatique.
Quelles zones peuvent être discutées ?
Tempes et tiers moyen
Une perte de volume des tempes ou des joues peut modifier les proportions du visage. Lenisna peut être envisagé chez certains patients pour rechercher une restauration progressive. La région temporale présente une anatomie vasculaire complexe : l’indication, le plan d’injection et la technique demandent une expertise particulière.
Joues et soutien du milieu du visage
Lorsque les tissus ont perdu de la densité ou du soutien, une biostimulation plus structurelle peut être discutée. L’objectif est une évolution progressive et harmonieuse, pas une transformation brutale ni une augmentation uniforme des volumes.
Bas du visage et ligne mandibulaire
Lenisna peut être proposé dans certains plans de traitement du bas du visage ou de l’ovale. Il ne peut cependant pas corriger à lui seul toutes les causes d’un contour mandibulaire moins net, notamment un excès cutané important, une modification osseuse, une surcharge graisseuse ou l’activité de certains muscles.
Cou
Le cou associe peau fine, mobilité et structures anatomiques sensibles. Une amélioration de la fermeté ou du soutien peut être recherchée chez des patients sélectionnés. Un relâchement important ou des bandes platysmales marquées peuvent nécessiter d’autres approches, notamment un traitement du relâchement cutané au laser CO2 lorsque l’indication s’y prête.
À qui s’adresse ce traitement ?
Lenisna peut être discuté chez un adulte qui présente une perte de soutien ou de volume compatible avec cette approche et qui accepte un résultat progressif. Une bonne indication suppose des attentes réalistes et une compréhension des alternatives.
Le produit n’est pas adapté à toutes les demandes. Une correction immédiate très précise, un relâchement majeur, une asymétrie complexe ou une indication chirurgicale nécessitent une autre stratégie ou un avis complémentaire.
La consultation avant traitement
La consultation permet d’analyser le visage dans son ensemble, au repos et en mouvement. Le médecin recherche la cause principale de la demande et précise les zones qui pourraient bénéficier d’un traitement.
Il vérifie notamment les antécédents médicaux, les allergies, les traitements en cours, les troubles de la coagulation, les maladies inflammatoires ou auto-immunes, les infections, les antécédents de cicatrices anormales et les injections déjà réalisées. La grossesse, l’allaitement, une infection locale ou un état de santé incompatible conduisent habituellement à différer ou à éviter le traitement.
Des photographies médicales standardisées peuvent être proposées pour suivre l’évolution, avec votre consentement.
Comment se déroule une séance ?
La peau est nettoyée et désinfectée. Selon la zone et la stratégie choisie, le médecin utilise une aiguille ou une canule et sélectionne un plan d’injection adapté à l’anatomie.
La quantité, la dilution, les points d’entrée et le nombre de séances ne doivent pas être standardisés sans examen. Ils dépendent de la zone, de la qualité des tissus, de l’objectif et de la tolérance. Un plan trop agressif peut augmenter le risque d’irrégularité, d’inflammation ou de surcorrection.
Quand les résultats apparaissent-ils ?
Une modification peut être visible juste après la séance, mais elle associe la préparation injectée, l’acide hyaluronique non réticulé et parfois l’œdème. Cette première impression évolue.
La partie biostimulante est progressive. L’amélioration se juge au fil des semaines et des mois. Son intensité, son délai d’apparition et sa durée varient d’une personne à l’autre et ne peuvent pas être prédits avec certitude.
Combien de séances faut-il ?
Le nombre de séances est individualisé. Il dépend de l’importance de la perte de soutien, de la zone, de la réponse au premier traitement et de l’objectif recherché. Une réévaluation clinique entre les séances évite de traiter trop vite ou de façon excessive.
Suites et soins après la séance
Une sensibilité, une rougeur, un gonflement ou des ecchymoses peuvent apparaître. Ils sont le plus souvent transitoires, mais leur durée varie.
Les consignes sont adaptées au geste réalisé. Elles peuvent inclure l’évitement temporaire des efforts intenses, de la chaleur importante, de l’alcool ou des manipulations non recommandées. Il ne faut pas masser la zone de sa propre initiative : les consignes dépendent du produit et de la technique employés.
Une douleur inhabituelle, une modification de couleur de la peau, un trouble visuel ou un symptôme qui s’aggrave nécessitent un contact médical urgent.
Effets indésirables et risques
Comme toute injection, Lenisna peut entraîner :
- douleur, rougeur, œdème ou ecchymose ;
- sensibilité ou démangeaisons ;
- asymétrie, irrégularité ou résultat insuffisant ;
- infection ;
- inflammation retardée ;
- papules, nodules ou granulomes ;
- déplacement ou présence du produit dans un plan inadapté ;
- lésion d’une structure anatomique ;
- occlusion vasculaire avec souffrance cutanée ;
- exceptionnellement, complication oculaire pouvant menacer la vision.
Les nodules n’ont pas tous la même cause. Ils peuvent être liés à une accumulation de produit, à une réaction inflammatoire, à une infection ou à un granulome. Leur diagnostic peut nécessiter un examen spécialisé et parfois une échographie.
La partie PDLLA ne se dissout pas avec la hyaluronidase comme peut le faire un gel d’acide hyaluronique. Cette différence renforce l’importance de la prévention, de la technique et d’un suivi médical accessible.
Quelles sont les limites de Lenisna ?
Lenisna ne retend pas mécaniquement la peau comme une chirurgie et ne permet pas de modeler chaque relief avec la précision immédiate d’un filler réticulé. Le résultat dépend de la réponse biologique individuelle.
Les études spécifiques au produit restent moins nombreuses que pour certains injectables plus anciens. Une partie des explications mécanistiques repose sur des travaux précliniques. Les résultats de protocoles combinant plusieurs produits ou dispositifs ne doivent pas être attribués à Lenisna seul.
Foire aux questions
Lenisna donne-t-il du volume immédiatement ?
Un effet initial peut être visible, mais il ne correspond pas uniquement à la biostimulation. La préparation, l’acide hyaluronique non réticulé et l’œdème peuvent y contribuer. Le résultat pertinent s’évalue progressivement.
Lenisna remplace-t-il un filler classique ?
Pas systématiquement. Un filler réticulé est souvent choisi pour une correction immédiate et ciblée. Lenisna répond davantage à une logique progressive de soutien et de remodelage tissulaire.
Quelle est la différence entre Lenisna et Juvelook ?
Juvelook vise surtout la qualité de peau et des indications plus superficielles. Lenisna est destiné à une approche plus profonde et structurelle. La consultation détermine lequel est cohérent avec la demande.
Peut-on traiter les tempes ou la jawline ?
Ces zones peuvent être discutées chez certains patients, mais leur anatomie, la cause de la perte de contour et les risques doivent être analysés avec précision. Une indication possible n’est pas une indication automatique.
Lenisna est-il réversible ?
La composante PDLLA n’est pas dissoute par la hyaluronidase. Sa dégradation est progressive. Une complication exige donc un diagnostic médical et une prise en charge adaptée plutôt qu’une tentative d’autocorrection.
Quand faut-il consulter en urgence ?
Une douleur importante ou croissante, une peau qui blanchit ou se colore anormalement, un refroidissement cutané, des troubles visuels, un déficit neurologique ou un malaise après l’injection nécessitent une évaluation urgente.
En conclusion
Lenisna peut être une option pour restaurer progressivement le soutien et certains volumes du visage chez des patients bien sélectionnés. Son action diffère de celle de Juvelook et d’un filler d’acide hyaluronique classique. Le choix du produit, des zones et du rythme de traitement repose sur l’analyse anatomique, les attentes et les risques individuels.
Une consultation chez Dermetical permet d’établir un plan personnalisé et d’expliquer les alternatives avant toute décision. La page Juvelook & Lenisna chez Dermetical présente également le déroulement général du traitement au centre.
Références scientifiques
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